LA MODE FEMININE

ROBES A TOURNURE
(1870-1890)
ême si elle fait une timide apparition à la fin du Second Empire,

la robe à tournure a surtout été portée pendant les débuts de la Troisième République, au cours de laquelle elle subit de nombreuses modifications.

La tournure, ou faux-cul, est une pièce de lingerie destinée à accentuer, comme son nom l'indique, la chute des reins. Cet accessoire se décline dans toutes sortes de modèles, allant du simple coussinet rembourré au strapontin, espèce de nacelle d'arceaux métalliques assujettis par des bandelettes, d'une incroyable sophistication.

Les garnitures des robes s'inspirent de l'ameublement (drapés, glands, franges, plissés) et sont d'ailleurs à l'origine du nom " style tapissier ".

Sur cette période qui se déroule sur une vingtaine d'années, la silhouette féminine connaît de nombreux remaniements, dépendant du volume plus ou moins important que prend la tournure.

D'abord très volumineuse lors de son apparition, la tournure forme une bosse sur laquelle viennent se draper les pans de la jupe. Ensuite, aux alentours de 1880, la tournure est réduite à sa plus simple expression, car les toilettes, ancêtres des robes fourreaux, enserrent le corps de la femme du cou aux genoux et ne s'évasent en une petite traîne qu'après ces derniers. Enfin, dans un dernier avatar, les tournures s'enflent à nouveau, presque au niveau de la taille, avant de disparaître définitivement aux alentours de 1890.

Pour le jour, les corsages restent très près du corps, avec des manches longues serrées.

Les chapeaux, s'ils subissent diverses évolutions au gré de la mode, demeurent néanmoins de petite taille. Quant aux ombrelles, de taille réduite pendant presque toute la période, elles voient leur diamètre augmenter considérablement aux alentours de 1885.



 

Pendant ces vingt années, la bottine à talon, boutonnée ou lacée, en peau ou en étoffe sobre, est en faveur à la ville.

Pour les bals, les corsages sont très décolletés, laissant les épaules et les bras nus. Ceux-ci sont recouverts par de longs gants qui couvrent, au minimum, tout l'avant bras.

La traîne est particulièrement accentuée dans les robes de bal. Pour danser, la dame la relève, soit par un petit cordon qu'elle passe autour de son poignet, soit par une petite chaînette qui vient s'accrocher à la taille.

Les souliers à talon sont décolletés. Les coiffures varient énormément. Néanmoins, on peut retenir que le volume du chignon est plutôt ramené au sommet du crâne et que certaines femmes portent une frange très courte et plutôt bouclée (seule apparition de la frange au XIXème siècle).

Les éventails sont de taille moyenne à grande.

FILMOGRAPHIE :

Le Temps de l'Innocence de Martin Scorsese d'après Edith Warton ;

Anna Karénine version S. Marceau d'après L. Tolstoï ;

Portrait de Femme de Jane Campion d'après H. James ;

Les Bostoniens de James Ivory d'après H. James.

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